Tribune que j'ai cosignée relative à mon opposition concernant la privatisation des Aéroports de Paris
Publié le :Vendredi 12 Avril 2019
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Tribune sur la gratuité des péages au bénéfice des véhicules de secours, cosignée par Véronique Louwagie
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EN FRANCE, LA VIE ET LA SECURITE ONT UN PRIX, EST-CE CELUI DES PEAGES ?
 
Citoyens, Professionnels, Sénateurs,
 
Députés, Ministres sommes tous reconnaissants à nos forces de sécurités et de secours. Nous avons tous, à un moment de notre vie, ressenti et exprimé cette reconnaissance et cette gratitude à l’égard de ceux qui sauvent nos vies et assurent notre sécurité au péril de la leur.
 
Aujourd’hui comme hier, pas un, pas une, pour défendre l’acquittement des péages autoroutiers pour les véhicules d’urgence prioritaires en intervention.
 
Quoi de plus naturel ?
 
Faire payer les taxes de péages autoroutiers aux véhicules de secours en intervention revient à fixer pour principe général la monétisation de la vie humaine. Fort de ce constat et à l’occasion de cette nouvelle mandature, le législateur a souhaité mettre fin à cette situation et a voté, dans un large consensus, la gratuité des péages pour les véhicules d’urgence prioritaires en intervention.
 
Depuis, la volonté d’un Parlement et d’un Gouvernement unanimes s’appliquent à construire le nouveau cadre légal. Or aujourd’hui, il s’avère que pour appliquer la loi, l’Etat pourrait être tenu d’indemniser les sociétés d’autoroute pour des questions de manque à gagner des sociétés d’autoroutes.
 
Celles-ci pourraient arguer de préjudices financiers afin de ne pouvoir répondre aux conditions de mise en application du décret visant la gratuité des péages pour ces véhicules de pompiers, de SAMU, de police ou de gendarmerie. Et ce au regard de «difficultés contractuelles ».
 
Contrats, compensations financières, contraintes de rentabilité, dividendes, chiffre d’affaire...Autant d’impératifs et d’arguments qui s’entendent afin d’ancrer des politiques répondant aux principes de réalités mais qui doivent s’effacer devant l’urgence d’un appel à l’aide.
 
Si le respect des contrats est un principe essentiel, nous devons néanmoins collectivement faire preuve d’exemplarité citoyenne. Particulièrement à l’heure où le peuple de France s’engage et participe à l’effort national de redressement et de transformation.
 
Les Françaises et français attendent que les sociétés d’autoroutes soient à la hauteur d’un modèle éthique et d’un développement économique renouvelé. Il n’est pas question-là d’altruisme ou de philanthropie mais simplement d’humanité. Le rôle et la place des entreprises dans l’espace public évoluent: leur vocation sociétale est désormais considérée comme une valeur ajoutée au profit de la communauté nationale.
 
Notre modèle de sécurité intérieure et civile n’a pas d’égal au monde, il est donc juste d’affirmer qu’il n’a pas de prix.
 
En ce sens, nous, cosignataires de cet appel, pressons solennellement les sociétés d’autoroutes à reconnaître le même caractère et le même traitement de gratuité des péages aux interventions des véhicules d’urgence prioritaires, que leurs opérations se déroulent sur le réseau des sociétés où qu’ils soient empruntés pour porter secours partout ailleurs.

La détresse ne connaît pas les péages. La vie n’a pas de prix. Quel que soit le lieu de l’intervention, nous devons collectivement concourir aux opérations de secours.



Smic et prime d’activité, une nouvelle inégalité pour les femmes
Publié le :Jeudi 27 décembre 2018
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«Smic et prime d’activité, une nouvelle inégalité pour les femmes», par Véronique Louwagie et 22 députées LR

Véronique Louwagie, députée Les Républicains de l’Orne
Véronique Louwagie, députée Les Républicains de l’Orne
 

Le 10 décembre, afin de répondre aux revendications des Gilets jaunes sur le pouvoir d’achat, le président de la République s’est engagé à ce que « le salaire d’un travailleur au smic » augmente « de 100 euros par mois » en 2019.

Au-delà des difficultés liées à la lisibilité de ce dispositif, ce format d’augmentation entre en contradiction directe avec les promesses du chef de l’Etat. En effet, l’octroi de la prime d’activité ne dépend plus de la seule situation du salarié concerné mais également de la composition et des revenus du ménage. Ainsi, une personne au smic dont le conjoint gagne trois fois ce montant n’obtiendra aucune bonification.

En soulignant lui-même dans Les Echos que « 1,2 million de salariés au smic se trouvent dans les 30 % de foyers les plus aisés », Edouard Philippe décrivait la prise en compte des revenus du ménage dans le versement comme une mesure de justice sociale. Or, à une époque où l’inégalité salariale demeure un facteur majeur d’inégalité entre les hommes et les femmes, les modalités d’attribution de la prime sont au contraire particulièrement injustes envers ces dernières.

Alors que sur une année, à poste de travail équivalent, une Française gagne en moyenne 9 % de moins que son homologue masculin et que 58,5 % des bénéficiaires du smic sont des femmes, comment ne pas voir dans le choix de la revalorisation de la prime d’activité une précarisation du statut de la travailleuse ?

Estocade. Car, au regard de la froideur des statistiques, l’inégalité salariale revêt également une réalité domestique. Priver les bénéficiaires du smic de la hausse de la prime d’activité en invoquant les revenus du conjoint, c’est asséner une véritable estocade à l’indépendance économique de la femme, acquise de haute lutte. Et si les femmes ne sont pas les seules victimes des règles encadrant la prime d’activité, elles représentent une majorité suffisante parmi les plus pauvres des salariés pour ne pas dénoncer l’atteinte symbolique que porte cette mesure au combat en faveur de l’égalité entre femmes et hommes.

Aussi, au-delà du fait que l’assujettissement de la formule choisie limite le bénéfice de la mesure à seulement 55 % des bénéficiaires du salaire minimum, au-delà du fait que le montant de l’augmentation initialement prévue de 100 euros est aujourd’hui réévalué aux alentours de 90 euros, nous refusons que les femmes soient à nouveau sacrifiées sur l’autel d’enjeux technocratiques déconnectés d’une réalité socio-économique qui leur est encore et toujours défavorable. L’augmentation de la prime d’activité doit concerner tous les bénéficiaires du salaire minimum, sans distinction de situation, ni de sexe.

Véronique Louwagie est députée Les Républicains de l’Orne. Cette tribune est cosignée par les députées LR Emmanuelle Anthoine (Drôme), Nathalie Bassire (La Réunion), Valérie Bazin-Malgras (Aube), Valérie Beauvais (Marne), Emilie Bonnivard (Savoie), Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône), Marine Brenier (Alpes-Maritimes), Josiane Corneloup (Saône-et-Loire), Marie-Christine Dalloz (Jura), Marianne Dubois (Loiret), Virginie Duby-Muller (Haute-Savoie), Annie Genevard (Doubs), Brigitte Kuster (Paris), Valérie Lacroute (Seine-et-Marne), Geneviève Lévy (Var), Constance Le Grip (Hauts-de-Seine), Frédérique Meunier (Corrèze), Bérengère Poletti (Ardennes), Nadia Ramassamy (Réunion), Michèle Tabarot (Alpes-Maritimes), Laurence Trastour-Isnart (Alpes-Maritimes) et Isabelle Valentin (Haute-Loire).



Quand la République vacille, il nous faut tous réagir !
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Tribune de Véronique LOUWAGIE et Jérôme NURY députés de l’Orne
 

Depuis plusieurs semaines, nos concitoyens expriment une vraie souffrance en portant sur de nombreux ronds-points de France un gilet jaune, signe de leur ras le bol et de leur désespoir.

Il faut entendre ces cris de détresses, non pas de personnes en marge de la société, mais bien de Françaises et de Français qui travaillent, qui payent des impôts et dont les déplacements sont vitaux. De français retraités qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts face à ces augmentations de taxes et de prélèvements qui grèvent le pouvoir d’achat. De français salariés, dont le SMIC ne permet plus de vivre décemment de leur travail et qui se voient aspirer par la précarité.

Qu’il s’agisse de la mise en place du 80 km/h ou de la hausse des taxes sur les carburants, en ponctionnant toujours plus et en s’attaquant à la mobilité de nos concitoyens, le Gouvernement a allumé la mèche de la révolte qui sera difficile à éteindre.

Pourquoi avoir tant tardé à répondre à ces questions ? Pourquoi avoir ignoré ces revendications légitimes ? Pourquoi avoir nié l’évidente raison financière et non écologique de l’augmentation des taxes ? Pourquoi rejeter entièrement sur l’Histoire une mauvaise gestion actuelle des deniers publics ? Pourquoi mépriser les élus de terrain et les élus locaux qui depuis des mois alertent en vain ?

Les annonces technocratiques de nos dirigeants ces derniers jours, totalement déconnectées des demandes de la base, n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu.

Aucune désespérance, aucune revendication, aucun malaise, ne peuvent toutefois justifier la violence qui s’est propagée le week-end dernier à Paris et dans de nombreuses villes. Sans le sang-froid de nos forces de sécurité et leur remarquable courage, ces rassemblements auraient pu se terminer dans des bains de sang.

Le Gouvernement et le Président de la République doivent maintenant très vite apporter de vraies réponses, pérennes, au-delà du simple moratoire sur l’augmentation des taxes sur les carburants.

Il faut retrouver plus de justice sociale et plus de justice fiscale. Il n’est pas normal que ceux qui se lèvent tôt le matin pour aller travailler, pour un pouvoir d’achat qui baisse, n’arrivent pas à boucler leur fin de mois.

Il faut revoir notre approche de l’écologie afin qu’elle ne soit pas plus punitive, et que les efforts nécessaires soient portés par tous.

Il faut enfin remettre en route une vraie politique d’aménagement du territoire pour redonner des moyens aux territoires éloignés des métropoles, aux territoires fragiles et qui progressivement décrochent et déclinent.

Pour l’heure, il appartient à tous de travailler à renouer le dialogue entre le peuple et ses représentants. Entre la République et les Françaises et les Français. L’heure est grave. Et celles et ceux qui seraient tentés de souffler sur les braises pourraient bien vite s’avérer être les fossoyeurs de notre démocratie.

Parler. Proposer. Échanger. Aider. Accompagner. Plus que jamais, c’est une impérieuse nécessité.

Quand la République vacille, il nous faut tous réagir !

 



Pour la création d'un véritable plan d'action pour la sauvegarde de l'abeille
Publié le :Lundi 03 Décembre 2018
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Le monde d’aujourd’hui fait face à des bouleversements considérables en matière agricole et d’alimentation. Les phénomènes naturels mondiaux ainsi que l’activité humaine fragilisent les écosystèmes et menacent certaines espèces animales et végétales essentielles à la survie de notre espèce. La surmortalité constatée des abeilles doit être un signal d’alarme pour nous tous. Comme l’a dit très justement Martin Gray, qui vécut une grande partie de sa vie sur les collines de Cannes, dans son ouvrage intitulé Au nom de tous les hommes : « Et un jour les abeilles mourront. Et le miel, ce vieux compagnon d'Abel, disparaîtra. Ce sera l'annonce de la fin de l'histoire humaine des hommes. ». Ce pollinisateur est un acteur majeur de l'environnement et de l’agriculture et sa conservation doit être un objectif national.

L’hiver 2017-2018 a connu un effondrement important du nombre d’abeilles en France. L’enquête menée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a fait état d’un taux de mortalité des colonies de presque 30% ce qui constitue un chiffre considérable et désastreux. Il ne s’agit pas seulement d’un problème local. Depuis la fin des années 90, les apiculteurs du monde entier tentent d’alerter les pouvoirs en place des risques liés à la disparition de ce maillon essentiel de la chaine alimentaire. Ils constatent depuis lors un recul inhabituel de colonies.

Nous avons tous été sensibilisés au rôle des abeilles dans l’écosystème. Elles ne sont pas seulement importantes parce qu’elles produisent du miel, elles tiennent un rôle majeur dans la production de notre nourriture. Elles favorisent non seulement la pollinisation des plantes sauvages mais également cultivées. Un tiers des cultures destinées à notre alimentation est pollinisé par les insectes. Sans leur intervention, notre productivité agricole serait bien amoindrie et jusqu’à 75% de nos récoltent subiraient une baisse de rendement. Sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, 71 dépendent des abeilles et de leur pollinisation. En Europe, 4 000 variétés de légumes cultivés, de même que certaines plantes fourragères indispensables au bétail n’existeraient pas sans le travail appliqué des abeilles. Pour la seule production de miel, rien qu’en France, la production est passée de 35 000 tonnes au milieu des années 90, à 9000 tonnes en 2016, soit une chute des ¾ de la production.

Mais alors même que leur effectif diminue, le nombre de cultures agricoles nécessitant leur action croit de manière exponentielle. Ce phénomène doit nous alerter sur les comportements et les actions à envisager pour lutter contre ces disparitions inquiétantes. Si rien n’est fait, il se pourrait que nous devions faire face à une pollinisation insuffisante des cultures dépendantes de leur intervention et donc par conséquent à une baisse de notre capacité à produire et de notre variété en matière alimentaire.

Cette hausse de la mortalité des abeilles n’a pas une cause unique. Tel qu’il est présenté par de nombreux scientifiques, ce « symptôme d’effondrement des colonies » est causé par un ensemble d’éléments provoquant leurs disparitions. Ainsi, la multiplication des substances chimiques dans l’environnement, la présence de parasites, les effets désastreux des

monocultures, les ravages du frelon asiatique, l’impact du changement climatique, … sont les principales causes de cet effondrement.

L’absence de réelles politiques internationales et régionales visant la surveillance et l’analyse du phénomène ne présage rien de positif concernant les suites à envisager. Malgré les appels des apiculteurs du monde entier et des associations de défense de l’environnement, les responsables politiques restent muets. Il nous faut pourtant agir avant qu’il ne soit trop tard.

Les parlementaires européens ont demandé dans une résolution du jeudi 1er mars dernier, à la Commission et aux Etats membres de mettre en place un plan de lutte à grande échelle contre la mortalité des abeilles et pour le développement de l’apiculture en Europe. Cette mesure n’a pas de valeur juridique contraignante mais a permis d’alerter bon nombre de nos collègues européens des dangers liés à la disparition de ces insectes indispensables. Les enjeux de l’apiculture en Europe, sont loin d’être mineurs. Avec ses 600 000 apiculteurs produisant 250 000 tonnes de miel chaque année, l’Union européenne est le second producteur mondial de miel derrière la Chine. La France à elle seule, totalise 50 000 apiculteurs.

Malheureusement, tous ces signaux d’alertes ne semblent pas alarmer le gouvernement qui, malgré des annonces faites n’a toujours rien entrepris. De plus, trois jours après sa nomination au poste de Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Monsieur Didier Guillaume a suscité de vives réactions des ONG, dans l’enquête des bébés nés sans bras, en déclarant que les scientifiques devaient faire la preuve que les pesticides avaient des conséquences sur la santé. Non seulement, cette information a déjà été prouvée mais elle a également des conséquences sur les écosystèmes et donc les abeilles.

Comme de nombreux élus membres du Comité des élus à l’abeille, nous sommes sollicités par de nombreux apiculteurs qui sont les premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme. Pourtant, toutes ces tentatives de dialogue n’ont pas abouti et malgré les interventions que nous déposons auprès des services ministériels, aucune évolution de la situation n’est actuellement à l’étude.

Mais qu’attendons-nous ?!

Aujourd’hui des scientifiques américains tentent de trouver des solutions en créant des drones pollinisateurs pour faire face à cette chute de la population des abeilles et donc au problème en découlant. Plusieurs sociétés expérimentent des drones pour aider les exploitations produisant des amandes, des cerises et des pommiers. Mais est-ce que ces nouvelles inventions ne font pas penser qu’il est déjà trop tard pour endiguer la disparition de ces colonies ? Ce petit insecte est indispensable et s’il venait à disparaitre, cela serait le premier pas vers l’extinction de nombreuses espèces végétales et par conséquent animale et humaine.

Il nous faut agir maintenant, promouvoir la création d’un véritable plan de sauvegarde de l’abeille et des apiculteurs afin que nos enfants puissent encore assister à ce merveilleux miracle de la nature qu’est la pollinisation par les abeilles et déguster le bon miel de nos régions.

Nous demandons donc au gouvernement, en collaboration avec l’ensemble des acteurs de ce secteur, de prendre immédiatement des mesures. Nous ne pouvons pas rester inactifs face à cette menace. La bataille sera dure mais nous ne pouvons pas la perdre. Il nous faut dès aujourd’hui nous attaquer à ce fléau pour sauver l’agriculture française.

PROTEGEONS LES ABEILLES POUR SAUVER LE MONDE
 

Tribune de Bernard Brochand, Député des Alpes-Maritimes, que j'ai cosignée.



Ecriture inclusive : Le Gouvernement doit enfin prendre ses responsabilités
Publié le :Mardi 10 juillet 2018
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Dans le cadre de la révision constitutionnelle actuellement en débat au parlement, des députés La République En Marche ont souhaité réécrire la Constitution en « écriture inclusive », démarche à laquelle nous nous opposons fermement.
Ces amendements, heureusement rejetés en commissions, invitent néanmoins à la réflexion.
 
Rappelons que l’écriture inclusive ne se limite pas aux aspects les plus controversés que sont le point médian (par exemple « le.la présentateur.rice ») et l’accord de proximité (accorder les mots avec le terme le plus rapproché, par exemple « les hommes et les femmes sont belles »)  mais désigne l’ensemble des dispositions qui visent à inclure dans la langue une visibilité accrue du féminin.

Dans son guide « Pour une communication sans stéréotype de sexe », le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, institution nationale consultative indépendante créée en 2013 et chargée de la protection des droits des femmes, a émis dix recommandations pour une communication publique sans stéréotype de sexe dont plusieurs d’entre elles induisent des modifications dans le fonctionnement de la langue française :

– Éliminer toutes expressions telles que « mademoiselle », « nom de jeune fille »... ;
– Accorder les noms de métiers, de titres, grades avec le sexe des personnes qui les occupent, par exemple « madame la cheffe de bureau », « pompière » ;
– User du féminin et du masculin dans les messages adressés à « tous et toutes », « celles et ceux », de mots épicènes c’est-à-dire identiques au masculin et au féminin, par exemple « élève » ou englobants « le public », « une personne » ;
– Utiliser l’ordre alphabétique lors d’une énumération, par exemple « égalité femmes - hommes » ou « les lycéennes et les lycéens » ;

Dans l’exposé sommaire des amendements déposés par les députés La République En Marche, ceux-ci expliquent que « la notion de "droits de l’homme", consacrée par la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, utilise une terminologie qui n’est plus adaptée à la société actuelle ». Ainsi, le texte propose de remplacer l'expression « Droits de l'Homme » par « Droits humains ». Un autre amendement indique également que la terminologie « tous les citoyens » serait « genrée » et qu'elle ne semble donc plus adaptée : « Pour permettre l’inclusion des femmes et des hommes, cet amendement propose d’ajouter la terminologie « toutes les citoyennes » afin de rappeler la composition de notre société. »

Sensible à la lutte contre les stéréotypes sexuels, nous rejetons pourtant fermement cet argumentaire qui n’apporte aucune solution aux difficultés réelles que peuvent connaître les femmes dans la juste reconnaissance de leurs droits. Elle n’a pas sa place dans la Constitution. Il s’agit du texte au sommet de la hiérarchie des normes d’un Etat. C’est la loi fondamentale d’un pays. Elle définit les droits et les devoirs des citoyens mais aussi l’organisation institutionnelle et la séparation des pouvoirs.  La Constitution a acquis par son histoire une force dont la portée dépasse tous les clivages. Elle contient des valeurs intangibles et inhérentes. Elle ne doit pas être l’objet de révisions d’opportunité de la part d’une majorité et d’un Président qui cherchent à imposer une vision de la société. Cela reviendrait à vider de sa substance ce texte suprême, à dénaturer la Constitution.

En son temps Claude Lévi-Strauss et Georges Dumézil alertaient : « des changements délibérés risquent de mettre la confusion et le désordre dans l’équilibre subtil né de l’usage ». La langue est vivante mais selon ces deux éminents savants c’est l’usage qui conduit naturellement aux changements de la langue et non la volonté de la soumettre à des évolutions sociétales, voire à une idéologie. Nous partageons cette analyse qui respecte une juste évolution de l’usage de la langue.

Les préconisations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ont suscité diverses réactions assez peu cohérentes entre elles, y compris au sein du Gouvernement. Ainsi, le premier ministre a signé une circulaire « INVITANT », dans un langage très jargonneux, à ne pas faire usage de l’écriture inclusive, abusivement présentée comme une interdiction. Le ministre de l’Éducation nationale s’est montré hostile à l’accord de proximité et la ministre de la culture semble favorable à la féminisation des titres. Le journal Le Monde adopte la féminisation des titres dont il impose la liste (une femme-grenouille, une chef, une clown...), tolère le point médian et annonce l’expérimentation de l’accord de proximité. Il convient également de noter qu’un collectif de professeurs a décidé de modifier de sa propre autorité les règles grammaticales en matière d’accord.

On le voit, le consensus n’existe pas sur l’écriture inclusive. L’exemple de la féminisation des titres est de ce point de vue éclairante puisque, obéissant à un même objectif, les réponses linguistiques sont différentes (« une chef », « une cheffe »).

Dès lors, quelle langue faut-il donc enseigner ? Quelles règles appliquer ? Quelle autorité est-elle à même de trancher ?
L’Académie française a vivement dénoncé l’écriture inclusive, considérant qu’il s’agissait d’un « péril mortel » pour l’avenir de la langue française. Elle précise que la démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques de cette écriture aboutit à une « langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ». Elle ajoute dans son cri d’alarme « On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture - visuelle ou à voix haute - et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. »
La protection de la langue est traitée par de nombreux organismes ou institutions au premier rang desquels figure l’Académie française, mais aussi la Délégation générale à la langue française et aux langues de France ou la Délégation interministérielle à la langue française pour la cohésion sociale. Or ces organisations qui jouissent pourtant d’une autorité ne peuvent empêcher des initiatives qui visent à modifier les principes de la langue.

Aussi, nous appelons le gouvernement à s’opposer fermement à ces initiatives et à prendre rapidement des mesures pour protéger de façon globale la langue française.

Tribune de Annie Genevard, Député du Doubs, que j'ai cosignée.

 



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